Rebranding Africa Forum 2018 : L’intervention de la Coordonnatrice Résidente du SNU

 Intervention de Madame Metsi Makhetha, Coordonnatrice Résidente du système des Nations Unies

et Représentante Résidente du PNUD

A cette étape de nos travaux, je peux me permettre de redire, à juste titre, que Ouagadougou, au vu de l’ensemble des évènements qu’elle a abrités, a été véritablement la capitale de l’économie verte cette semaine. En effet, il s’y est tenu :

  • La conférence internationale sur la technologie du bio-digesteur les 2 et 3 octobre ;
  • Le Forum régional de réseautage sur les modes de consommation et de production durables de l’initiative Switch Africa Green, les 3 et 4 octobre 2018 ;
  • Et notre Forum sur les défis et opportunités de l’économie verte en Afrique.

Je rejoins ceux qui m’ont précédé pour féliciter le Gouvernement Burkinabè qui accueille cette cinquième édition du Rebranding Africa Forum, la première sur le sol africain.

C’est aussi l’occasion pour moi de saluer la vision des initiateurs et singulièrement, le Fondateur M. Thierry Hot, pour le choix du lieu et la pertinence du thème de cette année qui, je le rappelle, est : ‘’Défis et Opportunités de l’économie verte en Afrique’’.

Je salue enfin, la présence des très hautes personnalités et la qualité de l’expertise mobilisée.

Vous comprendrez donc que c’est un honneur pour moi, d’être au côté de ce groupe de sommités remarquables.

J’ai accepté l’invitation de prendre part au présent Forum, à double titre.

D’abord, en ma qualité de Coordonnatrice Résidente du Système des Nations Unies au Burkina Faso et donc porteuse, avec chacun et chacune d’entre vous et avec nous tous, du mandat des Objectifs de Développement Durable (ODD) dans le cadre de l’Agenda 2030.

Ainsi, Je me sens intimement concernée par le thème du Forum.

Puis, en tant que professionnelle africaine pour laquelle, l’occasion offerte représente une opportunité de m’exprimer sur un sujet qui me tient à cœur.

Éminentes personnalités ;

Mesdames et Messieurs ;

Après avoir suivi avec beaucoup d’intérêt les riches discussions de la journée, je perçois cet évènement comme un appel pour nous approprier le contenu du narratif que nous souhaitons tous pour l’Afrique et nous accorder sur comment porter à l’échelle les nombreuses initiatives en cours et impulser la transformation de nos économies, en vue de créer les conditions les meilleures pour nos populations.

Après tout, le Rebranding Africa, c’est de cela qu’il s’agit.

Dans ce sens, trois éléments me paraissent fondamentaux, pour faciliter la transition écologique de l’Afrique vers une économie verte.

Premièrement, les déclencheurs. Il ressort qu’il est important pour chacun de nos pays, de disposer d’une vision claire, accompagnée de politiques publiques incitatives, de cadres législatifs et institutionnels appropriés à une transition vers l’économie verte.

Sur ce point, l’espoir est permis. Aujourd’hui, 65 pays au niveau mondial, dont plusieurs pays africains, y compris le Burkina Faso, ont des stratégies et des plans pour une économie verte.

Mais, au-delà des stratégies et des plans, il nous faut créer des passerelles entre les porteurs de projets et les détenteurs de ressources, afin de passer à l’action, à l’opérationnel.

Il me semble tout aussi important de considérer la transition vers une économie verte, non pas comme une question uniquement environnementale, mais plutôt comme un processus multisectoriel et multidisciplinaire, qui engendrerait l’engagement de tous. Cette optique devrait permettre de bâtir un écosystème intégré et porter la question de l’économie verte à un niveau suffisamment stratégique, dans les plans nationaux de développement.

Deuxièmement, les accélérateurs. Les échanges ont révélé la nécessité de mettre en place un cadre approprié de gouvernance et de règlementation, pour assurer le financement de cette transition écologique. Sur ce plan, l’existence d’instruments financiers et de mécanismes innovants de financement tel que le fonds vert climat est une opportunité que nos pays doivent saisir, pour se doter de capacités à mobiliser.

La valorisation des centres de recherche et d’innovation constitue également un levier d’accélération qu’il faut promouvoir, en finançant la recherche et en suscitant des partenariats entre les chercheurs, les opérateurs privés et les financiers.

Par ailleurs, au regard de la dynamique et de la structure démographique du continent, marqué par une population majoritairement jeune, je considère la jeunesse comme un autre puissant facteur d’accélération. Cependant, pour lui permettre d’être porteuse de cette accélération, il est impératif de favoriser un environnement qui incite le développement de nouvelles compétences et des capacités d’innovation.

Troisièmement, les entreprises.  Le rôle du secteur privé est crucial. Il est au cœur de l’impulsion de la transition vers l’économie verte. De ce fait, des dispositions doivent être prises et des conditions créées pour que les investisseurs puissent minimiser les risques. Aussi, puisqu’il s’agit de transformer nos économies d’une manière inclusive, une attention particulière doit être accordée aux femmes, aux PME/PMI et aux startups.

En outre, alors que le financement public est essentiel à la transition vers l’économie verte, une part beaucoup plus importante des investissements dans la finance verte devra provenir du secteur privé. Ainsi, une combinaison de ressources domestiques et internationales, publiques et privées, comprenant des financements innovants tels que des obligations vertes, des financements pour la conservation et des investissements à impact, est à promouvoir.

Eminentes personnalités ;

Mesdames et Messieurs ;

En tant que Système des Nations Unies et comme je l’ai dit tantôt, nous sommes aussi responsables de la réussite de la transformation structurelle sur le continent. Notre contribution se matérialise à travers le Partnership for Action on Green Economy ou PAGE, en français -Partenariat pour l’Action sur l’Economie Verte-, qui est composé de 5 agences des Nations Unies, les acteurs privés et les autres partenaires au développement. Les agences en question sont PNUE, ONUDI, BIT, UNITAR et le PNUD. Ce partenariat bénéficie de 17 pays au plan mondial, dont au moins 6 en Afrique.

De même, la première phase de l’Initiative Switch Africa Green qui est un partenariat entre les Nations Unies et l’Union Européenne, a été mise en œuvre dans six (6) pays d’Afrique : Afrique du Sud, Burkina Faso, Ghana, Ile Maurice, Kenya et Ouganda.

Ces pays sont dans la salle et ont échangé sur les expériences, les leçons et les perspectives, durant le Forum de réseautage sur le mode de consommation et de production durable, les 3 et 4 octobre passés.

Eminentes personnalités ;

Mesdames et Messieurs ;

Mon souhait est qu’il nous faut rompre le statut quo, en faisant en sorte que l’Afrique, plutôt que d’être en transition vers…, vive pleinement l’économie verte.

A cet effet, j’estime que nous qui avons pris part à cette 5ième édition du Rebranding Africa Forum, portons les semences de ce rebranding dont nous parlons. C’est donc à travers notre engagement à toutes et à tous que le narratif sur l’Afrique sera changé.

Aussi, voudrais-je terminer en émettant le vœu que ce Forum ne soit pas un de plus, mais que les dispositions soient prises afin que nos conclusions soient conséquentes et qu’elles portent le changement souhaité, au bénéfice des économies et des populations africaines.

Je vous remercie.

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