Quelle gouvernance pour une participation optimale de la jeunesse au renouveau politique, économique et social du Burkina Faso ?

Le texte initial du discours de Metsi Makhetha, coordonnatrice résidente du système des Nations Unies, lors de la cérémonie officielle d’ouverture des états généraux de la jeunesse, le 15 novembre 2017 à Ouagadougou.

Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;
Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement ;
Monsieur le Gouverneur de la région du Centre ;
Honorables invités en vos fonctions, grades et titres respectifs ;
Chers Jeunes participants ;

« Le nouveau monde ne sera pas construit par ceux qui restent à l’écart les bras croisés, mais par ceux qui sont dans l’arène…».

Cette réflexion de Nelson Mandela, premier président noir d’Afrique du Sud et prix Nobel de la paix, nous rappelle que le seul choix viable pour contribuer à l’émergence d’une société juste, pacifique et prospère, est la participation active.

Elle traduit également toute l’importance de l’implication des jeunes dans le processus de construction du pays.

A travers le thème « quelle gouvernance pour une participation optimale de la jeunesse au renouveau politique, économique et social du Burkina Faso ?», l’Etat affirme fortement son engagement à donner une chance à la Jeunesse, afin que celle-ci prenne toute sa place d’acteur positif de la transformation du pays.

Les consultations régionales et les discussions qui suivront pendant les trois jours à venir sont un cadre privilégié pour favoriser un dialogue entre toutes les parties prenantes, de telle manière que les présents Etats généraux de la jeunesse du Burkina Faso résultent en des recommandations et décisions concrètes susceptibles d’être mises en oeuvre au bénéfice de la jeunesse et de la Nation burkinabè.

En cette occasion particulière, j’aimerais tout d’abord remercier le Gouvernement du Faso de nous avoir associés à ce cadre de dialogue national, qui se veut participatif et inclusif, deux valeurs d’importance pour le pays.

J’aimerais ensuite féliciter chaleureusement la jeunesse burkinabè pour cette forte mobilisation qui est une manifestation supplémentaire de responsabilité et d’engagement, face aux défis qui la concernent en premier lieu.

Excellence Monsieur le Premier Ministre ;
Mesdames et Messieurs les Ministres ;
Mesdames et Messieurs ;
Chers Jeunes ;

Transformer notre environnement en un monde de prospérité partagée et ne laisser personne de côté: c’est la vision ambitieuse pour les populations et la planète que les peuples du monde, à travers leurs dirigeants, ont adoptée avec les 17 Objectifs de Développement Durable.

Cet agenda entend mettre fin à la pauvreté, éliminer les inégalités et l’exclusion, promouvoir une croissance inclusive, faire face au changement climatique et créer les conditions d’une paix durable d’ici à l’horizon 2030.

La jeunesse du monde entier a joué un rôle décisif dans l’élaboration de ces priorités, à travers le plaidoyer et la participation aux consultations locales et en ligne.

Pour que ces objectifs soient atteints, chacun doit faire sa part aujourd’hui pour demain.

Les pouvoirs publics, le secteur privé, les organisations de la société civile, les partenaires techniques et financiers, mais aussi, chacun d’entre vous, jeunes.

Au Burkina Faso, c’est à travers le Plan National de Développement Economique et Social que le Gouvernement a engagé un processus d’une gouvernance inclusive, d’une gestion responsable de l’environnement et d’une transformation sociale et économique, pour le développement.

Chers Jeunes,

La transformation de votre pays en le Burkina Faso que vous aurez décrit et rêvé durant ces assises n’est pas exclusivement du ressort du Gouvernement.

En tant que force de transformation politique, économique et sociale, votre rôle dans le processus du développement du Burkina Faso est primordial.

Votre histoire récente nous est le témoignage de l’immense potentiel dont vous êtes porteur pour opérer les changements qualitatifs que vous souhaitez.

C’est donc en toute responsabilité, dans le respect des valeurs fondatrices du Burkina Faso, de la paix et de la démocratie que vous devez placer votre engagement politique et social comme votre activité socioéconomique.

Votre adhésion à ces principes, aux institutions qui les symbolisent et à la loi, représente à cet égard une ligne directrice majeure.

Si la réalisation du Burkina Faso de demain ne relève pas exclusivement de la responsabilité du Gouvernement, ce dernier devrait néanmoins mettre en place un cadre favorable à la pleine expression du potentiel dont vous êtes porteurs.
Dans ce contexte, la sécurité et sureté de toutes et tous, une gestion de plus en plus rationnelle des ressources et la mise en place de programmes qui répondent à vos réalités quotidiennes et à vos aspirations sont des tâches auxquelles les autorités nationales s’attèlent au quotidien.

Et pourtant, nous savons qu’il y aura toujours un écart entre la déclaration des ambitions, les moyens et le rythme de leur mise en oeuvre.

Nous savons également que les défis sont de taille et que les disparités géographiques sont importantes.
Afin de résoudre ces équations, il importe de se demander quels programmes prioritaires, quelles stratégies et quels instruments il convient d’adopter pour accélérer l’atteinte des résultats ? Comment s’assurer que personne ne soit laissé pour compte, qu’aucun jeune burkinabè n’ait le sentiment de n’être pas suffisamment reconnu comme membre actif et productif de la société ?

Comment s’assurer que les filles participent pleinement au processus de transformation économique et sociale ?
Il est important que vos délibérations contribuent à formuler des réponses concrètes à ces interrogations capitales.
Conscients qu’un cadre de partenariat avec des objectifs définis et mesurables est incontournable, nous reconnaissons que la formulation et la mise en oeuvre de solutions efficaces et durables devrait impliquer tous les acteurs, notamment le secteur privé.

A cet égard, le Gouvernement, la jeunesse et le peuple burkinabè peuvent compter sur l’appui multiforme des Agences, Fonds et Programmes des Nations Unies en étroite collaboration avec de tous les Partenaires du pays.

Ces appuis pourront inclure le partage d’expériences enrichissantes et adaptables dans les domaines (i) des programmes de formation adaptée pour outiller les jeunes ; (ii) de l’utilisation des technologies modernes pour tirer profit du potentiel de l’économie numérique et (iii) de la participation des jeunes à la création des conditions d’une paix durable, pour ne citer que ceux-là.

Nous attendons donc les conclusions et recommandations de vos assises pour guider nos programmes en soutien aux efforts consentis par le Gouvernement, au profit de sa jeunesse.

Excellence Monsieur le Premier Ministre;
Mesdames et Messieurs les Ministres;
Chers Jeunes;

Je ne saurai terminer mon propos sans rappeler le message de l’illustre auteur Amadou Hampâté Ba, adressé à la jeunesse africaine :

Je cite :
«… de même qu’il n’y a pas de «petit» incendie (tout dépend de la nature du combustible rencontré), il n’y a pas de petit effort. Tout effort compte et l’on ne sait jamais, au départ, de quelle action apparemment modeste sortira l’événement qui changera la face des choses. N’oubliez pas que le roi des arbres de la savane, le puissant et majestueux baobab, sort d’une graine qui, au départ, n’est pas plus grosse qu’un tout petit grain de café…».
Fin de citation.

Je vous remercie pour votre attention.

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