Contributions de la société civile au défi de la réflexion stratégique en Afrique

Le texte du discours de Metsi Makhetha, coordonnatrice résidente du système des Nations Unies, lors de la cérémonie d’ouverture officielle de la 5ème édition du forum Africapacités, à Bobo-Dioulasso, le 28 juin 2018.

Monsieur le Haut Représentant du Chef de l’Etat,
Monsieur le Représentant du Ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation ;
Monsieur le Maire de la Commune de Bobo-Dioulasso,
Monsieur le Directeur Pays de Diakonia ;
Mesdames, Messieurs les Rapporteurs Généraux ;
Mesdames, Messieurs les Modérateurs ;
Mesdames, Messieurs les participants ;
Distingués Invités ;

Chaque peuple, chaque pays a son histoire.

Dans la vie des nations, il y a des moments difficiles et des moments de bonheur ; des moments de victoire, de retrouvailles et de célébration.

Je salue la tenue de ce forum international de dialogue et de renforcement des capacités de la société civile, qui est en effet un moment d’examiner nos réalités, d’interroger ensemble les voies les plus appropriées et les plus adaptées au contexte de nos pays, pour tracer les futurs préférables à la hauteur de nos aspirations et de nos intelligences collectives.

A cet égard, je suis honorée d’être parmi vous ce matin, en tant que marraine de cette sixième édition de Africapacités.

Edition qui s’impose comme un rendez-vous incontournable, pour repenser la marche vers un lendemain meilleur.

Au nom du Système des Nations Unies et en mon nom propre, je tiens à remercier Diakonia pour son engagement de long terme en faveur des sociétés justes et équitables.

Je voudrais également saluer le leadership du Directeur Pays, qui a fait que Diakonia Burkina soit l’expression réelle de cet engagement.

Je ne peux passer sous silence le soutien de la Suède, représentée ici par Monsieur le Chargé d’Affaires, qui par sa présence physique, marque l’engagement de la Suède au-delà de leu appui financier. Qu’il en soit remercié !

Je félicite aussi la mobilisation forte des personnalités ici présentes qui constituent une partie de l’intelligencia de l’Afrique.

Mesdames, Messieurs,
Chers participants,

Pour créer les conditions et mener un processus permettant la transformation durable de nos pays tout en renforçant nos démocraties, il nous est indispensable d’associer toutes les composantes de la société dans la réflexion sur notre avenir partagé.

Réconcilier le conjoncturel et le structurel nécessite donc la collaboration entre tous les acteurs. Cela exige :
– Que chaque acteur puisse être en mesure de travailler dans une perspective de co-construction des choix de trajectoires de développement et de sociétés que nous voulons tous ;
– Que les gouvernants puissent faciliter cette coopération pour qu’elle soit collectivement et mutuellement bénéfique ;
– Que des liens soient établis entre ceux qui orientent les décisions qui nous engagent tous sur le long terme, ceux qui exécutent et ceux qui veillent sur le respect des contrats sociaux qui en découlent.

Mesdames, Messieurs,
Chers participants,

La projection que nous avons de nous-mêmes conditionne souvent les actions que nous posons aujourd’hui, pour réaliser notre devenir.

De même, cela suppose une capacité de confronter, gérer et résoudre les différends politiques et les demandes sociales que nous savons souvent liées à la soif de réconciliation nationale, de justice équitable, d’élections crédibles et de gestion transparente des affaires publiques.

L’expérience de plusieurs pays, que ce soit en Afrique, en Amérique latine ou en Europe de l’Est, nous renseigne que s’il y a un élément vital à confronter pour pouvoir se projeter, c’est la réconciliation nationale et que celle-ci soit concomitamment accompagnée par l’amélioration des conditions matérielles des populations.

Cette confrontation passe souvent par des mécanismes et des démarches qui peuvent parfois présenter des complexités.

Malgré ces complexités, les peuples ayant connus des tensions politiques internes, des guerres civiles ou des génocides, se sont donnés les moyens de les dépasser.

Ils sont ainsi les témoins que les défis, loin d’être vu comme des obstacles quelque soit le contexte d’un pays, révèlent l’impérieux devoir que tous les acteurs restent engagés avec sincérité et détermination, autour des projets communs des sociétés comme nous le rappelle Ryan Holiday que challenges instruct us and the obstacle is the way. (Les obstacles nous instruisent et sont sont le chemin.)

La société civile fait partie des acteurs indispensables de l’écosystème requis pour confronter les difficultés et édifier le monde d’aujourd’hui, comme celui de demain.

Qu’il s’agisse du Burkina Faso ou de l’Afrique du Sud, mon pays d’origine, l’influence de la société civile a non seulement été ressentie mais surtout a été décisive à des moments clés dans l’histoire récente de notre continent.

Son utilité sociale ne fait aucun doute -elle est l’un des marqueurs de la qualité de la gouvernance dans les pays.

Elle crée souvent des espaces favorisant le dialogue dans les communautés et le vivre ensemble.

Elle dispose d’outils pour susciter la prise de conscience nécessaire à de nouvelles formes d’actions collectives.

Aujourd’hui, elle est appelée à se préparer et anticiper les mutations sociétales induites par les technologies et les phénomènes climatiques, sur le monde du travail et les modes de productions.

Mesdames, Messieurs,
Chers Participants,

A travers votre participation à ce forum, vous avez pris l’option d’être au rendez vous de l’histoire.

Il vous appartient donc de vous interroger sur la théorie du changement, afin de susciter l’exécution des engagements des années ultérieures et de ce qui va sortir de ce forum.

Les résultats des discussions, analyses et partage d’expériences, au cours de ces trois jours, devront donner forme à une vision permettant de connecter les acteurs et mobiliser les énergies afin de façonner le monde que nous souhaitons habiter en 2030, voire même en 2063, à l’image de la vision de l’Union Africaine.

Avant de clore mon propos, je voudrais vous laisser avec ces mots de Peter Ellyard et je cite : « L’avenir n’est pas un endroit où nous allons, mais un endroit que nous créons. Les chemins n’ont pas à être découverts, mais bien créés ». Fin de citation.

J’ose espérer que ces trois jours, vont être mis à profit pour lancer un processus permettant de tracer les chemins les plus probables que nous voulons pour l’Afrique. Je vous remercie de votre aimable écoute.

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