Cérémonie officielle de lancement du Programme d’Urgence pour le Sahel – 3 août 2017

Le texte initial du discours de Metsi Makhetha, coordonnatrice résidente du système des Nations Unies, lors de la cérémonie officielle de lancement du Programme d’Urgence pour le Sahel, le 3 août 2017 à Tongomayel.

Excellence Monsieur le Premier Ministre,
Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement,
Mesdames et Messieurs les Partenaires techniques et financiers,
Honorables Députés de la Région du Sahel,
Monsieur le Président du Conseil Régional du Sahel,
Monsieur le Maire de la Commune de Tongomayel ,
Mesdames et Messieurs,

Prévenir des conflits de quelque nature qu’ils soient et promouvoir des politiques et des actions favorisant l’inclusion, l’élargissement des opportunités, l’amélioration de la qualité de vie ainsi que le vivre ensemble : C’est ce qui nous réunit aujourd’hui.

Animée par cet engagement, c’est un grand honneur pour moi, de prendre la parole au nom du Système des Nations Unies, et des partenaires techniques et financiers, à la présente cérémonie officielle de lancement du Programme d’urgence pour le Sahel.

Je voudrais saisir cette occasion, pour exprimer toute notre gratitude à son excellence Monsieur le Président du Faso, à vous même Monsieur le Premier Ministre, au Gouvernement et au peuple travailleur du Burkina Faso, pour la confiance que vous avez toujours témoignée et continuez de témoigner aux Partenaires techniques et financiers du Burkina.

Nous sommes honorés d’être à vos côtés aujourd’hui, à Tongomayel, pour relever les défis du développement et de la sécurité dans ce beau pays en général, et dans la partie septentrionale, en particulier.

Excellence Monsieur le Premier Ministre,
Chers invités ;

C’est en 1994 ; il y a plus de 20 ans, que le Système des Nations Unies dans un rapport sur le Développement Humain, publié par le PNUD, a mis en évidence la corrélation entre la sécurité et le développement humain.

Ce rapport a lancé un appel pour un changement de paradigme en introduisant la notion de « sécurité humaine » avec deux messages clés :

Le premier : que les réponses aux enjeux de la sécurité devaient se focaliser sur les personnes et pas seulement sur les territoires, et le deuxième : que les investissements soient orientés sur le développement et pas seulement sur les armes.

Le rapport a par ailleurs appréhendé la problématique de la sécurité sous sept dimensions à savoir : économique, alimentaire, sanitaire, environnementale, physique, communautaire et politique.

S’inscrivant dans la même logique le Secrétaire général des Nations Unies, Koffi Annan, affirmera, en 2001, à la 55ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies que, je cite : « Il n’est désormais plus possible de définir simplement la sécurité collective comme une absence de conflits armés. »
Fin de citation.

Quant à l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), elle souligne que la sécurité est une situation où les personnes et les communautés :

 Vivent libres, en paix et à l’abri du danger,

 Participent pleinement à la gestion des affaires publiques ;

 Jouissent de leurs droits fondamentaux,

 Ont accès aux ressources et aux produits de première nécessité ;

 Et vivent dans un environnement qui ne nuit pas à leur santé et à leur bien-être.

Au-delà de la conception des techniciens et des politiques, les populations elles-mêmes conçoivent leur sécurité d’une manière multidimensionnelle.

Selon une étude de la Banque Mondiale en 2000, les populations mettent dans la notion de sécurité la stabilité des revenus, la prévisibilité de la vie quotidienne, la protection contre la criminalité et la sécurité psychologique.

Voilà pourquoi la notion de sécurité humaine est définie, par la Commission des Nations Unies sur la sécurité humaine, comme la protection de l’essentiel vital de tout être humain contre les menaces les plus graves et les plus répandues.

C’est en cela que se trouve toute la pertinence du Programme d’urgence pour le Sahel dont la conception est basée sur une approche intégrée et holistique.

Excellence Monsieur le Premier Ministre,

La communauté des partenaires ne pouvait pas rester en marge d’une aussi judicieuse initiative :
• primo, parce que la sécurité humaine est au cœur de nos actions communes (gouvernants, populations, Nations Unies, partenaires techniques et financiers) ;

• secundo, parce que vous, pays de la sous-région convaincus de la nécessaire unité d’action avez décidé de vous coaliser pour faire face à l’adversité et nous ne pouvions que vous encourager dans cette entreprise ;

• tertio, parce que l’enjeu de l’insécurité au Sahel n’est pas un problème des seuls pays de la sous-région mais constitue plutôt une menace pour la paix dans le monde et nécessite de ce fait la conjugaison des efforts de tous.

Nous ne pouvions pas non plus rester indifférents devant la détermination du Gouvernement du Burkina Faso, qui assumant son leadership, a pris les devants en mobilisant en interne les ressources nécessaires au financement de la tranche 2017 du Programme.

Cela va sans le dire, le développement est avant tout une affaire et un processus endogène et nous partenaires, techniques et financiers, notre rôle est de vous accompagner et, surtout, mener nos actions en complément aux efforts nationaux.


Excellence Monsieur le Premier Ministre,

Le Système des Nations Unies et les partenaires techniques et financiers tiennent à féliciter le Gouvernement pour son sens de la responsabilité.

Nous vous rassurons que nous nous engageons à vos côtés de jour comme de nuit pour mobiliser les ressources humaines, matérielles et financières nécessaires pour la mise en œuvre du Programme.

Dans le cadre de l’agenda 2030, nous devons créer, ensemble, les conditions d’un développement durable qui tient compte des réalités matérielles et socioculturelles des populations, d’une part, et qui ne laisse personne pour compte d’autre part.

Cet engagement, qui s’impose à nous tous, a été formulé avec beaucoup d’à propos par l’auteur sierra-léonais, Ishmael Beah. Je cite :

« Nous voulons pour les nôtres, un travail qui leur permettra d’améliorer leur quotidien et celui de leurs enfants. Nous sommes partisans du progrès… Mais pas de celui qui détruit notre âme et nos traditions, qui nous tue littéralement alors que nous sommes encore en vie. »
Fin de citation.

Je vous remercie !

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